Category: Livres,Romans et littérature,Littérature russe
Le train zéro Details
Une gare perdue au fin fond de la Russie, dans la boue, le froid, les relents de chou et de vodka. Et toutes les nuits, un train qui passe… Nul ne sait d’où il vient, où il va, ni ce qu’il transporte. Dans ce no man’s land isolé du reste du monde vivent des gens qui aiment, espèrent, tuent et meurent, empoisonnés par l’attente d’une réponse qui ne vient jamais, par un mystère qu’il leur est interdit de chercher à connaître sous peine de mort. Il est difficile de qualifier ce récit court et puissant: trop cru, trop réaliste pour être une simple parabole, c’est pourtant du destin de la Russie et du destin de l’homme qu’il nous parle. Tout en plongeant le lecteur dans un monde concret de terre, de fer, d’odeurs, de bruits, de chair et de sang, il relève de la même veine mythique que Le Désert des Tartares et débouche insensiblement sur une dimension tragique qui nous dépasse. Traduit du russe par Sophie Benech.

Reviews
D'où vient ce train ? On ne sait pas. Où va-t-il ? On ne sait pas. Que transporte-t-il ? on ne sait pas. Dans ce court roman, Iouri Bouïda expose toute l'absurdité d'un régime totalitaire aujourd'hui effondré. La vie des habitants de ce petit village perdu dans l'immensité de l'Union Soviétique est tout entière centrée sur ce train énigmatique. Chaque nuit, quels que soit le temps et les circonstances, ce train doit passer. Coûte que coûte. Il ne s'arrête jamais dans cette petite gare. Autour de cette gare, les habitants se débrouillent pour vivre, pour survivre dans ce régime où la pénurie est presque érigée en vertu. Chacun a ses méthodes, ses accommodements avec l'absurde, et la vodka aide à oublier le dénuement, pour un moment. Dans ce système qui broie tout, l'humanité survit, les êtres restent humains malgré tout, avec leurs espoirs et surtout leurs désillusions. Un grand roman, concis et fort.


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